Orccha. Dimanche 10 février.

Au terme de cette première journée complète dans le petit village d’Orccha plus généralement connu comme le petit joyaux du Madya Pradesh, je m’aperçois que je n’ai pas encore eu le temps de vous parler de toutes les surprises que réserve le sous-continent indien. Je n’ai pas pu raconter la visite d’Agra, Taj Mahal et Agra Fort, le voyage en train, l’épique voyage devrais-je dire, la rencontre avec nos premiers amis, et aujourd’hui la visite des ruines d’un palais du XVIIème siècle ou encore l’incroyable ferveur dans laquelle nous avons plongé en nous joignant aux croyants Hindous au cœur même de leur lieu de prières. Par quoi commencer ?

Peut-être en vrac quelques sentiments, sensations et observations.

Oui/Non.

Ceux qui ont vu Slumdog Millionnaire s’en rappellent peut-être. En inde, quand un Indien répond par l’affirmative à une question, il hoche légèrement la tête de gauche à droite, avec un léger son, qui n’apparaît ni clairement comme un oui, ni clairement comme un non. En toute franchise, c’est très troublant. On ne sait si la personne répond oui pour vous agréer, si elle ne sait pas vraiment. C’est comme si la communication non verbale venait troubler le message que l’on vous envoie. Et, vous imaginez bien que ça arrive toute la journée… Très troublant, je ne sais si je parviendrais à m’habituer à ce léger hochement du menton, plus que du cou complet… Pour ceux qui ne verraient pas, je vous invite à revoir le film aux nombreux oscars, d’abord car il est magnifique, ensuite car il permet de mieux comprendre par l’exemple cet élément strucuturant de la communication locale.

Tenues vestimentaires

Hommes / Femmes.

D’abord d’un point de vue vestimentaires. Outre les sareehs colorés, brodées et agrémentés de brillants et autres paillettes dorées, il est intéressant d’observer comment les hommes se vêtissent. Un peu comme en Europe dans les années 70. Une chemise toujours bien repassée sous un chandail en laine col en Vsans manche, beige, brique, kaki ; un pantalon ceintré ; une  paire de mocassins et, sous le nez une petite moustache. Hommes et femmes sont toujours apprêtés avec beaucoup de soin, raie légèrement colorée pour les hommes et femmes mariés de confession hindoue, un tikka entre les yeux, bien coiffés, rasés de prêt. Les enfants portent souvent du crayon khôl sous les yeux, il semblerait que ce soit un antiseptique, les femmes arborent d’élégants motifs dessinés au henné sur les mains et les pieds qu’elles portent baguées ; aux chevilles des chaines à grelots, là aussi symbole de féminité/coquetterie ou cadeau de l’homme marié à son épouse pour s’assurer de sa présence à la maison ? mystère.

D’autres portent des tuniques et des pantalons amples – pyjamas, prononcés pydjamas, des châles et des étoles. Les couleurs et les motifs se superposent, se juxtaposent en une joyeuse allégresse, en un tourbillon carnavalesque qui ne lasse jamais nos yeux d’européens. On est loin des codes vestimentaires occidentaux, ne pas user des motifs, se limiter à la conjugaison de trois coloris, marier avec goût les matières… On est loin des carcans colorimétriques de notre vieille Europe et mon opinion c’est que ça fait un bien fou !

Moyens de transport :

Rickshaw : Saviez-vous que les tuks tuks sont aussi des rickshaws scolaires ? Vas-y qu’on y engouffre une quinzaine de gamins, leurs cartables soigneusement rangés sur le toit, quand seulement trois ou quatre personnes devraient pouvoir monter dans ces minuscules mobylettes transformées en mini vans ? C’est surprenant…

Motos : Saviez-vous que les motos s’utilisent pour 3 ou 4 personnes ici, sans qu’elles ne différent en rien de celles que nous utilisons en Europe ? Un matin, à Delhi, j’ai même vu deux policemen (identifiés par leurs gilets jaunes) entourer un homme sur une moto, l’un devant, l’autre derrière. L’homme probablement auteur d’un quelconque larcin, ne risquait pas de s’échapper tous trois affichaient une expression sérieuse, sans casque évidemment… Bien plus économique que les paniers à salades européens ! Les deux roues font foison (motos et scooters même combat). Hommes en femmes en amazone s’y entassent parfois, jusqu’à 5 personnes sur le même véhicule.

Voiture : N’ayant jamais eu l’occasion de me rendre en Angleterre, j’ai vécu ici ma première expérience de conduite à l’envers. C’est troublant, surtout quand on double la nuit sur une petite route de campagne et que tout le monde conduit au klaxon. Armé du sens de l’humour et de l’autodérision nécessaire pour survivre ici, j’ai finalement eu moins peur qu’escompté. Même quand deux phares brillent intensément face à vous, sans qu’aucun de juge utile de se rabattre, jusqu’à la toute dernière seconde… En y repensant, mon cœur s’emballe un peu, quelques sueurs froides montent en moi. L’inconscience de l’instant présent a ça de bon. La peur ne naît que de l’idée que l’on se fait d’une chose ou d’une situation, souvent donc en amont ou en aval, finalement moins quand on y est confronté réellement.

Train : Non là, sérieusement, un chapitre y sera consacré, car ce premier « vrai » voyage entre Agra et Jhansi mérite que l’on s’y arrête plus longuement. Couleurs, odeurs, mouvements, arrêts prolongés… je vous raconterais dans un autre chapitre.

Bien d’autres choses à relater et l’Inde n’a pas fini de m’étonner. Je sens que le temps file et que je n’arrive pas à tout dire, à tout montrer, faire sentir, donner à voir, à entendre par les mots et les images. Peut-être ce voyage n’est-il que l’introduction à bien d’autres découvertes, d’autres récits… Bonne nuit mes amis.

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