Le Mystère Henri Pick David Foenkinos

img_5297Avis :

Conte moderne, histoire d’amour, critique consciente de l’industrie littéraire, et encore enquête à suspens, le Mystère Harry Pick de David Foenkinos est une bonbon sucré que l’on dévore de la première à la dernière page.

Les personnages sont attachants, le rythme sautillant. On sourit, on frémit. Comme souvent chez l’auteur, on voudrait faire durer le plaisir mais pas question d’aller plus loin qu’au nécessaire. Chez David Foenkinos et dans ce roman en particulier, on va à l’essentiel, les mots sonnent juste et c’est beau.

Résumé :

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

L’auteur :

David Foenkinos est né en 1974. Il est l’auteur de quatorze romans parmi lesquels La délicatesse et Les souvenirs, tous deux adaptés au cinéma. Ses livres sont traduits en plus de quarante langues. Son roman Charlotte a obtenu le prix Renaudot et le prix Goncourt des Lycéens en 2014.

 

Sois Zen et tue-le… de Cicéron Angledroit, paru aux éditions Publibook en 2012.

Davantage galerie de portraits improbables que polar, ce deuxième opus de Claude Picq, alias Cicéron Angledroit, présente, au fil des pages, une palette de personnages tous plus surprenants, drôles, charmants, et dérangeants, les uns que les autres.

Sois zen et tue le par Cicéron Angledroit

Cicéron Angledroit, – ses parents avaient de l’humour -, détective privé fauché, se retrouve embauché Maria Costa, vieille dame doucement dérangée et veuve de longue date. Dix ans après l’enterrement de son défunt époux, elle décide de confier à Cicéron la délicate enquête sur les raisons et conditions du décès de son mari.

depuis plus de dix ans, pour enquêter sur la mort de son défunt son époux. Une disparition que, d’ailleurs, nul n’avait jugé utile de creuser. Et qui, tout à coup, semble démanger Maria Costa, commanditaire. Décès accidentel ou criminel ?

Argot de titi et gouaille parisienne, jeux de mots, critique au scalpel de notre société moderne, on tourne les pages sans s’en rendre compte. C’est drôle, léger, un roman de gare, un peu à la Simenon, qui se lit tout seul.

Banlieusard pur jus, l’auteur est né en décembre 1953 à Ivry-sur-Seine, ancienne ceinture verte de Paris, devenue banlieue rouge. Un deuxième roman Nés sous X permet de retrouver ses personnages dans une histoire complètement abracadabrantesque.

Sois Zen et tue-le… est initialement paru sous le titre De la part des enfants en 2011.

 

« L’économie expliquée aux humains » par Emmanuel Delannoy

« L’économie expliquée aux humains » par Emmanuel Delannoy, aux éditions WildProject avec préface d’Hubert Reeves.

L'économie expliquée aux humaines d'Emmanuel Delannoy

Ecrit avec beaucoup d’humour, cet ouvrage devrait tout simplement être proposé dans les écoles. C’est léger et intelligent, amusant et instructif.

Plutôt que d’imposer des ouvrages de littérature classique à des gamins qui les rejetteront en bloc, on devrait les amener à la lecture par des livres comme celui-ci. Par ce livre on ouvre quantités de portes vers différents domaines du savoir : biologie, sciences du vivant, sociologie – intéressante parabole sur le danger que représente le frelon asiatique pour nos abeilles pour, en réalité, mettre le doigt sur notre peur de l’étranger, de l’allochtone -, de l’économie macro et micro…

J’aime que l’auteur propose des solutions à mettre en place inspirées du vivant – dites de biomimétisme – mais – c’est mon défaut de journaliste – j’aurais aimé plus d’exemples de choses déjà en marche, et ce d’autant que – pour avoir l’interviewé il y a quelques semaines – je sais qu’il en a des tas! J’ai aimé découvrir les systèmes ingénieux des termites, j’ai aimé que l’auteur structure le récit en courts chapitres en les adossant chacun à une citation, j’ai aimé cet attachant coléoptère qui nous donne un cours d’économie depuis le bois son chêne centenaire.

Pour mieux comprendre certains phénomènes, on nous conseille souvent de prendre la hauteur, mais regarder la vie et la biodiversité dans son ensemble – y compris les relations que nous entretenons les uns avec les autres – depuis les yeux d’un coléoptère de quelques centimètres de longueur, se révèle parfois plus éclairant que de grimpant en haut d’une tour…

Un seul point aurait peut-être mérité d’être développé, mais ce pourrait être l’objet d’un prochain sujet… l’arrivée du web dans nos sociétés modernes correspond précisément à la prise en compte et à la structuration de la pensée dans le domaine de la protection de la biodiversité. Le terme biodiversité est apparu en 97, Google a été créé en 98… Y voir un lien de cause à effets, serait-il tiré par les cheveux ?

Bonne lecture !