Gili’s Island : Meno, Air, Trawagan… Bienvenue au paradis – encore ! :)


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Presque une semaine que je n’ai pas écrit longuement sur le déroulé de mes aventures. Toutes mes excuses mais, j’étais disons un peu occupée…
Le 30 juin, j’ai quitté Keliki le village des peintres près d’Ubud à Bali pour les îles Gili.

Quelques jours plus tôt, la vie m’avait réservée une drôle de surprise. En voyant quelques unes des photos publiées sur Facebook, un ami perdu de vue depuis 15 ans (oui, oui 15 ans!!) me dit « incroyable tu es à Bali, moi aussi, faut qu’on se voit… » Les réseaux sociaux transforment vraiment le monde en cours de récréation d’école élémentaire.

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Il m’envoie un mail me parlant des sessions de snorkling et de nage matinale avec les tortues et, ni une ni deux, je monte dans un bus direction les îles Gili. Il paraît que c’est un passage quasi obligé quand on vient à Bali… Let’s go, on verra bien.
Petits paradis, les Gili’s se trouvent tout près de Lombok, une autre île majeure de l’archipel indonésien.
Il y en a trois : Gili Trawagan, Gili Meno et Gili Air. Gili Trawagan est connue pour ses fêtes et soirées délirantes, Gili Meno comme la plus petite et la plus calme et Gili Air comme étant un bon mix entre les deux.
Fab et Blanca se trouvaient sur la plus petite et la plus calme et, la veille de mon arrivée, ils y avaient fait la connaissance de la délicieuse et pétulante Karina, from Québéc.

Pendant deux jours Fabien m’a initié aux plaisirs du snorkling – le pauvre j’ai cru qu’il allait perdre patience en m’aidant à trouver le bon masque et les bonnes palmes… – nous avons nagé avec les poissons multicolores.. – genre visite de l’aquarium en live ou documentaire animalier sauf que là le commandant Coustaud c’était moi! – et les suaves et majestueuses tortues de mer. Quelle rencontre avec l’espace marin, que de couleurs et de formes! Flotter dans les eaux turquoises à 30° – attention aux coraux – et suivre les monstres préhistoriques dans leurs lentes ascension vers la surface… c’est quelque chose ! A Nusa Lembogan déjà, sur ma planche de surf – je ne vous ai pas raconté mais j’ai aussi pris 2 leçons, histoire de ne pas mourir idiote – j’ai entraperçu cet univers parallèle, surréaliste et magique sans m’autoriser à y pénétrer. Quelle aventure, quel monde merveilleux ! Des poissons comme tout droit sortis de la tête d’un dessinateur de cartoon, rayés, tachés, zébrés, arc-en-ciel, fluos, quadrillés, petits ou gros, ceux qui vivent en solitaires et ceux qui n’évoluent qu’en nuage mouvant… J’en ai pris plein les yeux. Merci Fab pour cette idée lumineuse! Je n’oublierai jamais.


Bintang à Gili Meno

P1000885Puis, nous avons pris le temps de ne rien faire au soleil, avons assisté aux couchers du soleil… (et, of course, bu quelques Bintang) Quel spectacle grandiose! Avec pour seul bruit de fond le clapotis de l’Océan Indien sur le rivage. Aux Gilis il n’y a ni scooter, ni voiture… Seuls des vélos et des charrettes à cheval (notez tout de même que les roues des charrettes sont de véritables pneus de voiture!).

IMG_1078Ici le métro est un bateau qui relie les îles entre elles à raison de deux voyages par jour et les taxis des mangeurs de foin. Dépaysement garanti.
Plages de sables fin, eau turquoise, cocotiers, cahuttes en bambous et chaume, bateaux colorés, températures tropicales, fleurs en tous genres (bougainvilliers, ibiscus, frangipanes …). Un régal pour les sens, pour le corps et l’esprit.
Et, quand dans pareil décors on vit avec les copains d’ici et du bout du monde, les vieux copains perdus de vus et les nouveaux amis : c’est vraiment un nouveau petit paradis.
Fab et Blanca sont partis deux jours plus tard, dès lors j’ai arpenté les plages et les terrasses avec le belle Karina au grand coeur. Une vraie rencontre, encore.

Ce voyage m’aura déjà permis de me réconcilier avec mes pairs francophones du bout du monde : Christopher de Lembogan – mon prof de surf -, Yves – du Balé de Dolit -, mais aussi Julie à Ubud – croisée pour un déjeuner improvisé à Ubud -, Karina from Québec à Gili Meno, Fab et Blanca… Et tous les autres qui ont déjà croisé mon chemin Thierry, Pierre et Martine à la Librairie Rendez-vous Doux à Ubud, Benjamin, Douglas et Antoine à Lembogan .. Mais il y a eu aussi Thomas d’Australie, Tim et Amanda d’Angleterre, tous les habitants de la Keliki Painting School, et ce n’est que le début de l’aventure.

Comme le dit si bien Karina, dans son accent caractéristique de nos cousins d’Amérique du Nord et dans un langage maillé d’expressions colorées, « la vie est une merveilleuse aventure » et quand elle met sur notre chemin d’aussi belles personnes c’est une aventure que l’on voudrait éternelle. 7 milliards d’humains sur la planète, combien me sera-t-il donné la chance d’en croiser? Combien d’histoires de vie, de joies et de peines pourrai-je partager, entr’apercevoir, goûter? Qui seront ceux ou celles qui apparaîtront sous quelque forme fortuite dans mes futurs romans?

Comme dirait Karina, sérieusement, cette aventure « a de l’allure! »… « Je capote complètement là! ». Merci à tous, merci à la vie, merci d’avance à ceux que je croiserai demain ou que je retrouverai dans 15 ans!

Enfin, comme l’aventure ne fait que commencer, que chaque jour est un nouveau chapitre, j’ai emménagé ce matin dans un bungalow, presque comme une cabane dans les arbres à Gili Air. Certainement répertoriée dans aucun guide, cette cabane est simplement le cadre rêvé pour enfin me mettre vraiment à écrire. Mon travail est presque terminé, très bientôt je coucherai sur papier ce qui depuis plusieurs jours prend forme en moi.

Mais, avant d’entrer dans l’univers parallèle de ces personnages qui ne manqueront pas de me parler – ils ont déjà commencé – je voulais vraiment vous dire MERCI.

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Goood Morrnnniinng Ballii ! Keliki Painting School, loger au village des peintres près d’Ubud


crédit photo : Keliki Painting School

crédit photo : Keliki Painting School

29 juin 2013. Dernier soir à Ubud et première cuite à la Bintang. Bintang signifie étoile, et c’est probablement le premier mot en indonésien que j’ai appris. Pourquoi ? Car c’est aussi la marque de bière la plus populaire de l’île. D’ailleurs, je n’ai vu que celle-ci. Jusqu’à présent je m’étais cantonnée à un verre ou deux par-ci par-là mais… là je n’ai pas trop eu le choix.

Ce fut un des moments les plus charmants de mon existence. Vous savez ceux qui vous font dire « mais si, tu es bien sur Terre ! ». Attablée avec Yves et Dolit, je ne pouvais que difficilement refuser que mon verre se remplisse… Quand Dolit décapsule on sourit et on approuve ! « Bagoush! »

Yves et Dolit auraient pu être frères mais ils ne sont nés ni dans la même famille, ni sur le même continent. Ils se connaissent depuis une dizaine d’années mais, s’il leur fallut respectivement près de 40 ans pour se rencontrer, c’est que le lien qui les unie est plus fort que celui du sang, c’est celui de l’âme et du cœur.

Yves est un musicien alsacien, émigré en Corse, grand marcheur, et passionné par l’Indonésie.

Dolit est peintre paysan au village de Keliki à Bali. Il fut l’élève de Gusti Nyoman Sudara, le fils de I Gusti Nyoman Lempad (1862 – 1978), l’un des plus grands peintres d’Asie, ex marin de la marine marchande et en quelque sorte figure patriarcale au Balé de la Keliki Painting School.

Ils se sont rencontrés sur un marché d’Ubud. Yves passionné de peintures cherchait à ramener de vrais dessins d’un artiste local. Dolit apportait quelques dessins à un négociant peu scrupuleux qui avait presque multiplié par deux et ajouté un zéro derrière au prix d’achat des dessins de Dolit. Le marchand s’est absenté une minute, Yves a glissé à Dolit en Indonésien « rejoins moi dans 5 minutes à l’entrée du marché. » Quand Yves parle de cette première rencontre avec son frère de cœur c’est touchant « je me rendais compte que je rencontrais vraiment un artiste. Musicien, je me suis tout de suite identifié aux galères qu’il a rencontrées. Dolit-et-son-epouse-Keliki-Bali Ses vêtements étaient tachés, troués… » Quand Dolit proposa à nouveau ses dessins au Français le prix n’était plus le même. Le tarif bien trop bas, Yves négocia mais à l’inverse, proposant le double du prix indiqué. Il prit tout ce que Dolit sortait de son carton à dessins et Dolit, surpris, décontenancé lui proposa de lui faire visiter son village.


Ce jour-là Dolit a rapporté à la maison l’équivalent en argent d’un mois de travail dans les rizières. Car, ne pouvant subvenir aux besoins alimentaires de sa famille par la vente de tableaux, Dolit a pris le chemin de la rizière où il a travaillé comme ouvrier agricole. Avant la bombe qui explosa à Kuta, le climat était relativement propice au tourisme mais les ravages sur la confiance ont été radicaux. Pendant des semaines et des mois, plus un touriste n’atterrissait à Denpasar, la situation se révéla catastrophique. L’économie de l’île demeure si liée au tourisme qu’à chaque catastrophe le résultat est dramatique : crise financière asiatique, bombes, tremblements de terre… Et, comme partout, les premiers touchés sont les artistes. Plus de touriste, plus d’argent, plus d’achat, encore moins pour ce qui est « négligeable » c’est ainsi que l’on parle des arts…

Si vous le souhaitez, vous pouvez y séjourner, seul, en famille ou en amoureux. Vous pouvez aussi leur faire parvenir du papier canson, des encres, des crayons à papier. Ce n’est pas grand chose chez nous, mais ici cela fait toute la différence.

Vous y séjournerez dans la famille de Dolit (ou celle de son frère, de son cousin, de son neveu..). Car, pour faire revenir les touristes au village, Yves proposa d’abord à Dolit d’organiser des treks dans les rizières entre Ubud et Keliki. Dolit inquiet répondit « mais ils ne viendront jamais, ce que veulent les touristes c’est visiter l’île en voiture climatisée, dormir dans une chambre climatisée et manger des pizzas ou des pâtes ! » Yves sourit, rassura son ami « Laisse voir. C’est une belle activité, sportive – un trek dans les rizières – couplée à une escale culturelle et artistique. » L’idée prit immédiatement. Les touristes affluèrent et Yves proposa d’aller plus loin « ouvrons des chambres d’hôtes ». Depuis ce sont 19 chambres qui ont été ouvertes, une ou deux par famille. Et les touristes, en majorité francophones, réservent de longs mois à l’avance pour partager ce voyage dans le voyage.

Lucie et Tiwi à la Keliki Painting School

Les familles se sont mises au Français. Qui eût cru que dans ce minuscule village perdu au fond de l’île des Dieux,une minuscule communauté d’irréductibles Balinais se seraient mis à parler Gaulois !

On y vient et on y revient, avec toujours la même émotion. Et, le cœur serré quand vous partez, vous promettez de revenir vite car une fois le pied dans le balé, l’aventure ne fait que commencer. En tout cas moi je suis partie il y a 5 jours et ils me manquent déjà.
Selamat Pagi di Bali my friends

http://dolit-keliki-painting-school.wifeo.com

crédit photo : Keliki Painting School