Ubud – Bali qui n’en veut ? Pas moi…


Forêt primaire près d'Ubud Bali - Lucie au jardin botanique
Après m’être confortablement installée dans le Balé de Keliki, au village des peintres, me voici partie pour la journée en Balade à Ubud.

Selon ce que la plupart des voyageurs croisés et articles parcourus à droite et à gauche racontaient, Ubud m’apparaissait comme la capitale culturelle de Bali. Il fallait que j’aille voir ça !

Ahahah… laissez moi rire ! Un piège à touristes voulez-vous dire. Après avoir, toute la journée, arpenté les quelques ruelles de la petite cité, ma conclusion est sans appel : les rares artistes de la ville se partagent le pavé avec la multitudes de boutiques-attrapes touristes. Tous les deux mètres (je n’exagère pas !) on vous propose une chambre, un taxi, un massage, un resto ou simplement une foison d’objets destinés à être rapportés en souvenirs aux copains et à la famille. On ajoutera par là même Ubud Bali à la longue liste des destinations que nous avons « faites » au cours des nombreux échanges mondains de la rentrée. Et ça s’arrêtera là.

On m’avait parlé d’Ubud comme la ville du yoga, de la médiation, de la culture, de la danse, de la peinture et de la sculpture… J’y ai surtout trouvé des échoppes vendant aux touristes à peu près tous les mêmes objets, fabriqués et achetés au lance-pierre à quelques artisans du coin, le plus souvent Made In China… En y pensant, j’avais déjà trouvé les mêmes sur les marchés au Brésil. C’est dire.

Je ne passerai donc pas une seule nuit à Ubud, un peu déçue. Ce soir je rentrerai à Keliki et, probablement demain me dirigerais-je vers un autre petit paradis.

Car, Keliki, le village des peintres, est un petit paradis.

Hier soir, Brahma et sa charmante épouse Tiwi m’ont demandé si j’avais amené mes bouchons d’oreilles, précisant qu’ils étaient désolés par avance si le bruit venait me réveiller au petit jour. C’est vrai qu’il y a un peu de bruit : des oiseaux qui chantent, la cascade qui s’écoule dans la petite fontaine du jardin, des enfants qui rient. Parfois un coq s’égosille au levant, un cochon lui donne la réplique. Comment peuvent-ils imaginer le niveau de stress auquel sont soumis nos oreilles, nos cinq sens et l’ensemble de nos organismes à Paris et dans les mégapoles d’Europe ? Ici, le soleil se lève chaque matin dans une douceur sereine, entre les bananiers et les fleurs de bougainvilliers. Les femmes déposent les offrandes aux divinités, les hommes commencent à peindre et, doucement les touristes au repos s’éveillent. Thé, petit déjeuner, encres, pinceaux, enfants et animaux. La matinée peut commencer.

Ensuite on part en balade mais avant, on découvre quelques grains de café fraichement ramassés par la doyenne du Balé. Ils sèchent au soleil avant d’être torréfiés. Puis, dans un recoin d’un petit temple du Balé une ruche qui produit le miel qui adoucira les tartines des visiteurs au petit déjeuner.

Forêt primaire près d'Ubud Bali

En scooter pour Ubud, on découvre que devant presque toutes les petites maisons du village, ont été étendus de larges pans d’étoffe où le riz sèche au soleil. La forêt primaire encadre les rizières, on frôle d’autres promeneurs, on se perd à merveille dans les petits chemins de la vallée.

Passage par le jardin botanique d’Ubud avant de rejoindre la cohue commerciale de la cité qui se fait pourtant appeler la capitale culturelle de Bali… J’en ris intérieurement encore. Caféiers, cacaoyers, vanille, gingembre, ginseng, clous de girofles, et Luwak. Mais si, vous avez forcément entendu parler de cette civette qui produit le café le plus cher au monde ! Le kopi luwak est connu du monde entier… L’animal absorbe les graines de café encore sur l’arbre. La digestion permet d’ôter une part de la caféine et de rendre le nectar plus doux. On récupère les déjections de l’animal, on les fait sécher au soleil. La graine est récupérée, torréfiée et moulue. C’est bluffant comme l’odeur même du café moulu est différente, plus douce et plus enivrante. Incroyable découverte, sous mes yeux !

Evidemment, aujourd’hui c’est devenu un business… florissant ! Depuis que sur l’île on a compris que ces animaux digéraient de l’or, on transforme leurs excréments en lingots. Je pensais en ramener mais, ça ne sera qu’à condition de trouver une vraie bonne occas’ 😉

Selamat Malam mes amis…

Forêt primaire près d'Ubud Bali et rizières

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Nusa Lembogan Island vers Keliki (le village des peintres) – Ubud – Bali

Pas de réseau, pas d’internet. Bienvenue dans la vie traditionnelle d’une famille balinaise.

Rizière Keliki Ubud 1

Le cadre est posé. Me voilà dans un tout petit village à moins de 10km d’Ubud, la capitale culturelle et artistique de Bali. Arrivée ce matin de Lembogan, j’avais émis l’hypothèse de passer une nuit ou deux à Ubud avant de rejoindre le village des peintres de Keliki. Et puis… ce que je craignais s’est révélé assez proche de l’idée que je m’en faisais. Ubud est une ville de taille moyenne, intégralement dédiée au tourisme. D’un côté cela permet de faire vivre les nombreux artistes qui y résident, mais de l’autre on est vraiment très éloigné du type de tourisme qui m’intéresse. Le tourisme de masse, les échoppes et les loueurs de chambres ou les taxis que te hèlent à tout moment, ce n’est pas vraiment ainsi que j’envisage la découverte de l’île des Dieux. En fouillant sur le web – n’oubliez pas, je n’ai toujours pas de guide car Bali n’était pas dans mes plans initiaux – j’ai découvert au hasard de mes recherches, ce minuscule village de peintres. Grande pensée pour mon père, naturellement.

Arrivée à Sanur depuis Lembogan direction Keliki le village des peintres près d'Ubud - BaliJ’ai donc pris un bateau au départ de Lembogan ce matin pour traverser le bras d’océan qui me séparait de Bali. Arrivée à Sanur après une heure de bronzage sur le toit du bateau, genre d’araignée à 6 branches. Les bateaux traditionnels se partagent désormais la vedette avec les cruisers rapides (moins de 30 min pour la même distance) avec ces bâtiments maritimes traditionnels auxquels sont adjoints deux contreforts en bois, genres de pattes pour éviter que le navire ne chavire. Naturellement, le confort n’est pas celui de ses lointains cousins modernes mais non seulement la balade est moins chère (60 000 rupiahs indonésinnes contre 250 000) mais surtout le tour est bien plus dépaysant. Ne pas hésiter si vous êtes en vacances sur l’île.  J’y ai croisé deux jeunes Allemands qui partaient aussi à Ubud, nous avons donc décidé de faire le trajet ensemble, c’est toujours plus sympas à plusieurs et ça permet de se partager les frais. Bus collectifs ou taxis privés, il est possible de négocier pour tomber dans des tarifs similaires (environ 50 000 rupiahs chacun).

Nous avons pris un petit déjeuner sur la célèbre Monkey Forest Road avant de nous séparer. La petite ville ressemblait en tous points à l’idée que je m’en faisais, alors j’ai écourté rapidement le séjour à seulement quelques heures avant de trouver un taxi qui acceptait de me conduire à Keliki. Là aussi on m’a annoncé tous les tarifs possibles de 70 000 à 250 000 rupiahs pour 8km. J’ai refusé systématiquement jusqu’à ce qu’un gentil chauffeur accepte de m’y conduire pour seulement 50 000 rupiahs. Marché conclu nous sommes montés dans son van, direction le

Rizière Keliki Ubud 2village des peintres. Bon une fois arrivés, il a fait preuve de tant de bonne volonté pour me conduire à destination que je lui ai donné 100 000 rupiahs… (8 euros). Au fur et à mesure que nous quittions l’agitation de la ville, je trouvais enfin un décor qui ressemblait plus à l’idée que je me faisais de la vie traditionnelle à Bali : rizières et forêt primaire.

N’ayant pas reçu de confirmation de ma réservation par mail (j’ai appris en arrivant que Yves, le contact français des peintres, gère plus de 70 emails par jour !) je me suis rendue à l’improviste chez mes hôtes. S’il n’avait pas été possible de rester par manque de place, je me serai rabattue sur une autre destination, peut-être Ubud même pour deux ou trois jours avant de reprendre la route pour une destination plus exotique. Let’s go, on verra bien.

Finalement, après avoir tourné longuement dans le dédale des chemins (trop sommaires pour être appelés des routes !), les nombreuses indications des habitants du village, nous avons finalement trouvé le balé de Dolit.

Le balé de Dolit

Havre de paix au milieu des rizières où vivent plusieurs familles, chacune organisée dans un espace, tables de peintures, végétation luxuriante et sourires à tous les étages. Méconnus des autres nationalités de touristes (Plus de 90% de leurs hôtes sont Français), on y croise quelques compatriotes et on y partage paisiblement le quotidien des familles. Quoi rêver de mieux pour véritablement entamer ma découverte de l’île des Dieux ?

Rizière Keliki Ubud 3Ici, pas de connexion internet, il faut aller au village, pas de réseau téléphonique non plus. J’irais régulièrement au village (il paraît qu’il y a deux warnet – contration de warung, genre de bistrot populaire, et d’internet) pour publier les articles sur mon blog, consulter les mails et y répondre, éventuellement envoyer le travail qui me reste à terminer et, le reste du temps, je vivrai au rythme de la gentille famille de Brahma qui m’accueille. Ceux qui connaissent un peu la religion Hindoue sauront qu’on ne pouvait pas mieux tomber pour entamer une véritable découverte de la culture traditionnelle. Brahma est l’énergie suprême, le créateur du monde, dans ce qu’en Inde on appelle la Trimurti. Je vis chez eux désormais. Ma chambre est charmante, mes hôtes remporteraient tous le Guiness des records du sourire s’ils concouraient. Le décors dans lequel j’ai prévu d’entamer la rédaction de mon deuxième roman, se compose d’une table (c’est mieux pour écrire !), des oiseaux, une fontaine où nage des poissions rouges, des palmiers et des fleurs. Sur les murs de ma chambre des peintures réalisées par la famille des peintres du Balé. Un petit paradis oublié au cœur de Bali. Quoi rêver de plus reposant, plus propice à l’écriture ? Il fait moins chaud qu’à Lembogan, et la forêt primaire qui entoure les demeures permet de conserver la fraîcheur. Seul le bruit de l’eau et les chants des oiseaux pour égayer l’environnement sonore. Quand je dis qu’il s’agit d’un petit paradis ?

Côté tarif, là aussi c’est le paradis (130 000 rupiahs la nuit, petit déjeuner inclus – 10euros). Tout est mis en œuvre pour favoriser la création, le bien-être… je vais peut-être rester là pour toujours…? Faut pas rêver! Ceux ou celles qui me feront poser mes valises ne sont pas nés! On vit avec ses hôtes, on mange et l’on passe des heures à discuter autour d’un thé.

Rizière Keliki Ubud 5Dans la journée, on peut prendre des cours de peinture, partir en excursion avec un guide, apprendre à préparer les offrandes (la religion et la pratique des rites occupent beaucoup de temps et près de 30% du budget mensuel d’une famille) ou s’initier aux plaisirs de la cuisine traditionnelle. Un classeur reprenant point par point l’organisation de la vie est mis à disposition des visiteurs.

Tout est expliqué avec la plus grande clarté, tout le monde se plie en quatre pour faire de votre séjour le plus doux possible, mais… je ne sais pas si je vais rester longtemps. Après un après-midi ici, je me demande si je vais vraiment pouvoir me concentrer de longues heures pour écrire. Ils ont tellement peur que je m’ennuie qu’ils sont très présents… Là, typiquement alors que je suis en train d’uploader article et photos j’ai deux charmantes jeunes filles qui m’observent et ne me quittent pas des yeux. J’ai eu beau  leur dire de retourner à la maison / au balé, il n’y a rien à faire, elle sont passionnées par ce que je fais sur cet écran et ne quittent pas d’une semelle.. Je suis un peu trop indépendante pour ça.

C’est adorable mais est-ce le meilleur endroit pour écrire ? Réponse dans les jours / heures à venir…

Rizière Keliki Ubud 4

Premières rencontres à Nusa Lembogan

Soyons honnêtes, je ne suis pas à Bali. Enfin, pas tout à fait. D’ailleurs, tous ceux que je croise me regardent, d’un air dépité, penchant légèrement la tête sur le côté pour ajouter « va falloir que je retourne à Bali »…


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En vérité je me trouve sur une petite île, tout ce qu’il y a de plus charmant, à 30 min de speed Boat de la grande sœur Bali : Nusa Lembogan.

Minuscule île, que seuls quelques touristes parcourent. Un petit paradis où l’eau transparente sert de terrain de jeux aux surfers et autres amoureux de plongée. Un littoral protégé par une barrière de corail. A la tombée du jour, les enfants jouent dans l’eau, les habitants multiplient les offrandes sur le rivage : de petits paniers en feuilles de palmier dans lesquels ils disposent fleurs et encens. Dans les minuscules ruelles ou sur le chemin longeant la côte on respire ces parfums d’encens, d’iode et de fleurs. Quoi de plus charmant ?

Au début, pourtant, je me sentais étrange, comme n’arrivant pas à trouver ma place, ne reconnaissant aucune odeur et puis, peu à peu je sens que la magie fait son job.

Evidemment, les rencontres n’y sont pas étrangères. Au début je ne voyais que ces locaux prêts à me vendre quelque chose, une séance de plongée ou un bracelet et puis, j’ai laissé les sourires et les parfums me gagner et aujourd’hui je me sens en paix.

D’abord j’ai croisé un groupe de Brésiliens, toujours près à faire une blague, négocier un prix, draguer une jeune femme seule. Brésil quoi… rien de plus normal. Hier soir je me suis même retrouvée à jouer les interprètre du Portugais vers l’Anglais pour une Autrichienne… alors que j’étais en train de lire en Français. C’est là qu’on se rend compte combien la vie est différente de ce qu’elle était encore deux semaines plus tôt. Qui l’eut cru ? Moi interprète ?… why not ?…

Les tas d'algue sur le bord de mer de Nusa Lembogan

Et, ce matin, j’ai croisé dans ma nouvelle guest house un Australien. Thomas. Ingénieur du bâtiment à Melbourne, il m’a longuement expliqué qu’il cherche à supporter un projet sur l’île. Depuis 7 ans maintenant il fuit le froid hivernal du sud de son pays pour trouver le répit dans un coin du globe où il fait plus doux. D’abord au Nord de l’Australie et depuis 2 ans dans un petit coin d’une des deux îles qui composent l’archipel où je suis aujourd’hui. Il s’est d’abord intéressé aux projets de collecte et recyclage du plastique avant finalement de comprendre que si, les Balinais ont de tels projets, c’est que le vrai problème c’est l’eau. Sur l’île de Lembogan, on fait venir l’eau potable par bateau depuis Bali. Ca coûte une fortune pour les locaux, environ 2 dollars par semaine pour une famille de 4 ou 5 personnes. Pour nous, Européens évidemment cela semble bien peu mais quand le niveau de vie et les salaires sont à l’image des hôtels à 6 euros la nuit, on fait vite le ratio. Naturellement Thomas a continué ses recherches et s’est rendu compte que quelques projets intéressants existaient aussi de ce côté-là. Certains construisent des genres de piscines pour collecter les eaux de pluie qu’ensuite ils font bouillir. Mais là d’autres problèmes se posent. D’abord le bois ou le gaz nécessaires ont également un coût ou encore la qualité des matériaux utilisés qui peuvent générer des maladies à plus ou moins long terme. Si l’eau est collectée, par exemple, via les toits et que les tuiles ou la tôle n’ont pas été préalablement traités ou sont beaucoup trop anciens, de micro particules viennent attaquer l’organisme, doucement mais sûrement. Boire de l’eau contaminée crée des diarrhées en moins de 2 heures mais dans le cas de l’eau collectée par les toits non traités c’est parfois après dix ans que de bien plus graves maladies se révèlent.

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Alors, Thomas continue ses recherches, je suis certaine qu’il va trouver un joli projet à soutenir, accompagner et dans lequel s’impliquer. En me montrant les photos des différentes méthodes de collecte d’eau qu’il a pu observer, Thomas m’a également montré autre chose de tout à fait passionnant. Depuis une vingtaine d’années, les Occidentaux ont décidé de laisser de côté les gélifiants à base de graisse animale, pour quelque chose de plus naturel et sain pour la santé : l’algue. Un nouveau business pour les habitants de l’île. En 20 ans ils ont mis en place de véritables fermes marines où ils cultivent l’herbe marine, revendue ensuite à Java avant d’être transformée puis exportée. Je me demandais ce que c’était que ces tapis d’algues étendus sur la jetée où les Balinais disposaient des amas de trucs vert fluo gluants à faire sécher. La plante met 40 jours à grandir, est récoltée, séchée et envoyée.

Thomas est l’une des plus douces personnes que j’ai croisée. Physiquement il a un air de Maurice Leroy 🙂 rien du beau surfer brésilien… Mais il est passionnant, s’intéresse à tout et surtout aux autres. Ce midi nous avons été déjeuner, sur le chemin il s’est arrêté pour remettre un médicament à une vieille dame malade, puis une fois assis il a commandé des pastèques pour des petites filles qui devaient rester en plein soleil pour vendre leurs bracelets aux touristes… (C’est les vacances et on ne reste pas à rien faire à Bali quand on a 6 ans………. No comment.) Sans compter toutes les petites attentions qu’il a pour tout le monde en permanence. L’humanité est belle parfois.

Et puis en parlant de déjeuner il m’a fait découvrir une spécialité Chap Chai… Hum…!! Acommpagné de riz comme partout en Asie c’est un délice, les légumes sont frais et le bouillon pChap Chaiarfaitement épicé. Ni trop, genre à l’indienne ni fade…

J’ai dans l’idée que je vais découvrir tant de choses dans les semaines à venir… Magique !

Les rencontres font les voyages. On a toujours un petit pincement au cœur quand une personne rencontrée continue son chemin, ou que l’on prend une autre route vers d’autres aventures. Mais ça fait partie du jeu et chacun à sa manière nous donne quelque chose. Certains vous confieront que ce voyage a changé leur vie, qu’ils entament un nouveau chapitre de leur histoire qu’ils vont avancer sur ce chemin de vie, que les rencontres et les découvertes leur ont ouvert la voie vers d’autres possibles… Certains seulement, mais la plupart y croient. Moi, la première.

Peace from Bali,

Lucie

Chennai/Madras (India) – Denpasar (Bali-Indonesia) : quelle aventure!

Mahabalipuram - Tamil Nadu IndiaHier soir, me voilà arrivée peinarde à l’aéroport de Chennai – enfin presque peinarde car sur le chemin un camion a quand même tué dans un accident mortel 3 personnes, ralentissant considérablement le traffic, en Inde rien n’est jamais complètement peinard – après avoir visité la superbe Mahabalipuram. On y reviendra si ça vous intéresse. Pondicherry, je n’ai pas du tout aimé.. Pareil, à l’occasion je vous raconterai car mes parents avaient adoré…. J’imagine que ça devait être bien différent il y a 30 ans.

Bref, me voilà au comptoir pour l’enregistrement vers Bangkok puis Denpasar quand la jeune hôtesse m’indique qu’elle ne me voit pas sur le vol… Après plusieurs recherches, elle m’explique que mon vol était bien prévu pour le 18.06.13 à 00:25, ce qui signifiait que j’étais en retard de 24h00 précisément pour l’enregistrement. L’embarquement se déroulant, par voie de conséquence, le 19 après minuit. J’aurais donc dû faire mon checkin le 17.06… Quelle nounouille… à aucun moment ça ne m’a traversé l’esprit quand peinarde je prenais mon bain dans l’eau plus que tiède de la petite plage au bord de l’Océan Indien. Alors que, au même moment, mon vol décollait tranquille…
Panique à bord… Le billet partait à l’eau – ça représente quand même une somme – et moi je me retrouvais sans rien à Chennai à 23h00. Elle me demande de patienter – vous savez à l’indienne « 5 minutes please » qui comme toujours ont tourné à l’heure… avant qu’une de ses collègues – son manager pardon! – ne vienne me prendre mon passeport sans un mot… Heu.. Hey là, sans ce bout de truc bordeaux je suis foutue moi, m’me… trop tard. Elle avait déjà disparu, le sésame de ma liberté à la main.

Donc, après encore 5 minutes – comprendre au moins 20 minutes… elle est revenue. Et, d’un geste de la tête elle m’a montré le tapis roulant, m’indiquant par son roulement de cervicales, qu’ils m’avaient quand même trouvé une place sur le vol!! Hourra et mazeltov! Sauvée de ma bêtise.


 Précisant que je ne devais jamais me défaire des 2 billets celui pour Bangkok puis celui pour Denpasar. T’inquiète, l’alouette, j’ai pigé.. 🙂

I'm Here Bangkok

Bon : décollage, atterrissage, dodo, confort, sourires et superbes uniformes turquoise et rose bonbons des hôtesses de la Thai Airlines. Bangkok (Bordel, je suis moi, Lucie, petite fourmi…à bangkok!!!) j’ai l’impression que le monde a rapetissé dans la nuit, que maintenant tout est possible, qu’aucune destination ne peut demeurer lointaine en temps et en espace, que le monde est à portée de main. Et, en même temps, je me rends

Arrivée à Bali

compte que tout sera toujours ni blanc ni noir, que le ying yang prend tout son sens.. Que je suis heureuse et libre, que je vis des choses magiques, mais que je suis loin de ceux que j’aime. Que je suis heureuse d’être au calme toute seule, loin des mails – ou presque – mais que je suis quand même toute seule…
Je me répète? C’est que ceux que j’aime c’est bien ça seulement qui me manquera toujours en voyage. C’est géant et flippant. Passionnant et terrifiant. L’émerveillement et la peur font définitivement bon ménage. Comme quoi, les opposés s’attirent parfois davantage que les copies conformes. En tout cas, ils semblent trouver dans leurs différences un espace de cohabitation durable. Etrange. A méditer.
Nickel, je prends un café, je bosse un peu à même le sol du gigantissime aéroport de Bangkok – à l’indienne en Thaïland of course – en attendant le prochain vol. Tout roule, ou plutôt tout plane, jusqu’à l’atterrissage à Denpasar / Bali / Indonesia. Visa à l’arrivée ok. Panneaux bienvenus à Bali, checked. Sac à dos en vue.. Great job. Ou pas. Car là, je constate que la bretelle de mon sac à dos a été arrachée. Voilà autre chose. Je bricole un truc dans l’urgence, on verra plus tard – Note pour plus tard… dur de voyager comme ça, je vais devoir trouver une solution… – enfin on verra demain. Le soleil se lèvera.Welcome Bali

Et, passage de douanes, la sortie brille au fond du tunnel quand : « stop mademoiselle (in english of course) veuillez me suivre dans mon bureau afin d’étudier le contenu de votre sac en privé. » Punaise.. Ma tête de romancière imagine tout – comme toujours… et là badadoum… on me fait vider chacune des poches du sac, on me pose des questions sur les tampons de mon passeport, sur mes activités professionnelles, sur moi, ma vie privée… Le cirque a duré au moins 1h30! Je commençais à avoir des sueurs froides. Putz… suis une des plus honnête personne que je connaisse, quand je mens ça se lit direct sur ma tête… et jamais j’oserai faire un truc contraire à la loi. A moins que… mes culottes et mon shampooing ne correspondent pas à leurs critères légaux? Cata… ça s’arrête donc jamais les galères? Bon, les mecs finissent par se dire qu’ils ne sont pas tombés sur un pigeon – admettent que je ne suis ni trafficante d’armes ni un membre actif de la mafia des narco-trafiquants – mais que je suis sympa, alors ils me gardent encore un peu.. me proposent de fumer une clope – je décline – et là les gars vous êtes marrants mais mon bateau va partir!!… Ok, je remets tout dedans – entretemps ils l’avaient encore scanné à vide! et je file vers la sortie.

Car ce que je n’ai pas dit, c’est que j’avais réservé une chambre dans une petite guest house sur une île et que le dernier bateau partait à 16h30. Or, j’ai atterri à 14h30 et que je suis sortie de l’aéroport à 15h55… et qu’il fallait compter 30 minutes de taxi…. manquait plus que ça, me retrouver coincée au milieu de nulle part à Bali… galère. je n’ai même pas de guide. Rien.. Mon sourire et mon sac à dos, en guise de marguerite et de couteau 😉

Ouf, le taxi connaît le gars du bateau, il appelle, ils m’attendent, je suis arrivée, et on est partis… 30 minutes de voyage sur une mer / océan pacifique pardon – surréaliste, on aurait dit la peau flétrie d’une vieille dame endormie, comme la croûte d’un animal tombé d’une autre galaxie. Au fond, un voilier comme oublié par un enfant au milieu d’un cours de recré en plein mois de juillet et, au plafond la carlingue d’un A330 prêt à atterrir comme porté par un fil de nylon transparent. Paysage onirique, tout droit sorti d’une toile de Dali à Bali 🙂
Arrivée sur l’île, eau turquoise et sable blanc. Oui je sais pardon, c’est indécent. Mais magique.

Et ma chambre, mon repère pour les prochains jours à venir. C’est cosy mais plein de Français.. ça faisait longtemps que je ne les avais pas vus eux! Ahaha… Bon en général je ne suis pas fan des communautés d’expats ou de congénères hexagonaux au bout de monde mais comme la règle numéro 1 de la journée, à ne jamais perdre de vue en voyage, c’est que :

COMME DISENT LES J’EUNES – TU PRENDS LA CONFIANCE T’ES MORT!… bah ce soir je n’ai plus rien à dire. Je vais tenter de trouver un truc à grignoter, lire trois pages de mon livre et dodo.

Finalement et, contre toute attente – comme toujours en voyage – c’est avec un groupe de Brésiliens que j’ai partagé une bière… Les voyages ont la capacité de nous réserver bien des surprises! C’est la vie version condensée.