Goood Morrnnniinng Ballii ! Keliki Painting School, loger au village des peintres près d’Ubud


crédit photo : Keliki Painting School

crédit photo : Keliki Painting School

29 juin 2013. Dernier soir à Ubud et première cuite à la Bintang. Bintang signifie étoile, et c’est probablement le premier mot en indonésien que j’ai appris. Pourquoi ? Car c’est aussi la marque de bière la plus populaire de l’île. D’ailleurs, je n’ai vu que celle-ci. Jusqu’à présent je m’étais cantonnée à un verre ou deux par-ci par-là mais… là je n’ai pas trop eu le choix.

Ce fut un des moments les plus charmants de mon existence. Vous savez ceux qui vous font dire « mais si, tu es bien sur Terre ! ». Attablée avec Yves et Dolit, je ne pouvais que difficilement refuser que mon verre se remplisse… Quand Dolit décapsule on sourit et on approuve ! « Bagoush! »

Yves et Dolit auraient pu être frères mais ils ne sont nés ni dans la même famille, ni sur le même continent. Ils se connaissent depuis une dizaine d’années mais, s’il leur fallut respectivement près de 40 ans pour se rencontrer, c’est que le lien qui les unie est plus fort que celui du sang, c’est celui de l’âme et du cœur.

Yves est un musicien alsacien, émigré en Corse, grand marcheur, et passionné par l’Indonésie.

Dolit est peintre paysan au village de Keliki à Bali. Il fut l’élève de Gusti Nyoman Sudara, le fils de I Gusti Nyoman Lempad (1862 – 1978), l’un des plus grands peintres d’Asie, ex marin de la marine marchande et en quelque sorte figure patriarcale au Balé de la Keliki Painting School.

Ils se sont rencontrés sur un marché d’Ubud. Yves passionné de peintures cherchait à ramener de vrais dessins d’un artiste local. Dolit apportait quelques dessins à un négociant peu scrupuleux qui avait presque multiplié par deux et ajouté un zéro derrière au prix d’achat des dessins de Dolit. Le marchand s’est absenté une minute, Yves a glissé à Dolit en Indonésien « rejoins moi dans 5 minutes à l’entrée du marché. » Quand Yves parle de cette première rencontre avec son frère de cœur c’est touchant « je me rendais compte que je rencontrais vraiment un artiste. Musicien, je me suis tout de suite identifié aux galères qu’il a rencontrées. Dolit-et-son-epouse-Keliki-Bali Ses vêtements étaient tachés, troués… » Quand Dolit proposa à nouveau ses dessins au Français le prix n’était plus le même. Le tarif bien trop bas, Yves négocia mais à l’inverse, proposant le double du prix indiqué. Il prit tout ce que Dolit sortait de son carton à dessins et Dolit, surpris, décontenancé lui proposa de lui faire visiter son village.


Ce jour-là Dolit a rapporté à la maison l’équivalent en argent d’un mois de travail dans les rizières. Car, ne pouvant subvenir aux besoins alimentaires de sa famille par la vente de tableaux, Dolit a pris le chemin de la rizière où il a travaillé comme ouvrier agricole. Avant la bombe qui explosa à Kuta, le climat était relativement propice au tourisme mais les ravages sur la confiance ont été radicaux. Pendant des semaines et des mois, plus un touriste n’atterrissait à Denpasar, la situation se révéla catastrophique. L’économie de l’île demeure si liée au tourisme qu’à chaque catastrophe le résultat est dramatique : crise financière asiatique, bombes, tremblements de terre… Et, comme partout, les premiers touchés sont les artistes. Plus de touriste, plus d’argent, plus d’achat, encore moins pour ce qui est « négligeable » c’est ainsi que l’on parle des arts…

Si vous le souhaitez, vous pouvez y séjourner, seul, en famille ou en amoureux. Vous pouvez aussi leur faire parvenir du papier canson, des encres, des crayons à papier. Ce n’est pas grand chose chez nous, mais ici cela fait toute la différence.

Vous y séjournerez dans la famille de Dolit (ou celle de son frère, de son cousin, de son neveu..). Car, pour faire revenir les touristes au village, Yves proposa d’abord à Dolit d’organiser des treks dans les rizières entre Ubud et Keliki. Dolit inquiet répondit « mais ils ne viendront jamais, ce que veulent les touristes c’est visiter l’île en voiture climatisée, dormir dans une chambre climatisée et manger des pizzas ou des pâtes ! » Yves sourit, rassura son ami « Laisse voir. C’est une belle activité, sportive – un trek dans les rizières – couplée à une escale culturelle et artistique. » L’idée prit immédiatement. Les touristes affluèrent et Yves proposa d’aller plus loin « ouvrons des chambres d’hôtes ». Depuis ce sont 19 chambres qui ont été ouvertes, une ou deux par famille. Et les touristes, en majorité francophones, réservent de longs mois à l’avance pour partager ce voyage dans le voyage.

Lucie et Tiwi à la Keliki Painting School

Les familles se sont mises au Français. Qui eût cru que dans ce minuscule village perdu au fond de l’île des Dieux,une minuscule communauté d’irréductibles Balinais se seraient mis à parler Gaulois !

On y vient et on y revient, avec toujours la même émotion. Et, le cœur serré quand vous partez, vous promettez de revenir vite car une fois le pied dans le balé, l’aventure ne fait que commencer. En tout cas moi je suis partie il y a 5 jours et ils me manquent déjà.
Selamat Pagi di Bali my friends

http://dolit-keliki-painting-school.wifeo.com

crédit photo : Keliki Painting School

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