Nusa Lembogan Island vers Keliki (le village des peintres) – Ubud – Bali

Pas de réseau, pas d’internet. Bienvenue dans la vie traditionnelle d’une famille balinaise.

Rizière Keliki Ubud 1

Le cadre est posé. Me voilà dans un tout petit village à moins de 10km d’Ubud, la capitale culturelle et artistique de Bali. Arrivée ce matin de Lembogan, j’avais émis l’hypothèse de passer une nuit ou deux à Ubud avant de rejoindre le village des peintres de Keliki. Et puis… ce que je craignais s’est révélé assez proche de l’idée que je m’en faisais. Ubud est une ville de taille moyenne, intégralement dédiée au tourisme. D’un côté cela permet de faire vivre les nombreux artistes qui y résident, mais de l’autre on est vraiment très éloigné du type de tourisme qui m’intéresse. Le tourisme de masse, les échoppes et les loueurs de chambres ou les taxis que te hèlent à tout moment, ce n’est pas vraiment ainsi que j’envisage la découverte de l’île des Dieux. En fouillant sur le web – n’oubliez pas, je n’ai toujours pas de guide car Bali n’était pas dans mes plans initiaux – j’ai découvert au hasard de mes recherches, ce minuscule village de peintres. Grande pensée pour mon père, naturellement.

Arrivée à Sanur depuis Lembogan direction Keliki le village des peintres près d'Ubud - BaliJ’ai donc pris un bateau au départ de Lembogan ce matin pour traverser le bras d’océan qui me séparait de Bali. Arrivée à Sanur après une heure de bronzage sur le toit du bateau, genre d’araignée à 6 branches. Les bateaux traditionnels se partagent désormais la vedette avec les cruisers rapides (moins de 30 min pour la même distance) avec ces bâtiments maritimes traditionnels auxquels sont adjoints deux contreforts en bois, genres de pattes pour éviter que le navire ne chavire. Naturellement, le confort n’est pas celui de ses lointains cousins modernes mais non seulement la balade est moins chère (60 000 rupiahs indonésinnes contre 250 000) mais surtout le tour est bien plus dépaysant. Ne pas hésiter si vous êtes en vacances sur l’île.  J’y ai croisé deux jeunes Allemands qui partaient aussi à Ubud, nous avons donc décidé de faire le trajet ensemble, c’est toujours plus sympas à plusieurs et ça permet de se partager les frais. Bus collectifs ou taxis privés, il est possible de négocier pour tomber dans des tarifs similaires (environ 50 000 rupiahs chacun).

Nous avons pris un petit déjeuner sur la célèbre Monkey Forest Road avant de nous séparer. La petite ville ressemblait en tous points à l’idée que je m’en faisais, alors j’ai écourté rapidement le séjour à seulement quelques heures avant de trouver un taxi qui acceptait de me conduire à Keliki. Là aussi on m’a annoncé tous les tarifs possibles de 70 000 à 250 000 rupiahs pour 8km. J’ai refusé systématiquement jusqu’à ce qu’un gentil chauffeur accepte de m’y conduire pour seulement 50 000 rupiahs. Marché conclu nous sommes montés dans son van, direction le

Rizière Keliki Ubud 2village des peintres. Bon une fois arrivés, il a fait preuve de tant de bonne volonté pour me conduire à destination que je lui ai donné 100 000 rupiahs… (8 euros). Au fur et à mesure que nous quittions l’agitation de la ville, je trouvais enfin un décor qui ressemblait plus à l’idée que je me faisais de la vie traditionnelle à Bali : rizières et forêt primaire.

N’ayant pas reçu de confirmation de ma réservation par mail (j’ai appris en arrivant que Yves, le contact français des peintres, gère plus de 70 emails par jour !) je me suis rendue à l’improviste chez mes hôtes. S’il n’avait pas été possible de rester par manque de place, je me serai rabattue sur une autre destination, peut-être Ubud même pour deux ou trois jours avant de reprendre la route pour une destination plus exotique. Let’s go, on verra bien.

Finalement, après avoir tourné longuement dans le dédale des chemins (trop sommaires pour être appelés des routes !), les nombreuses indications des habitants du village, nous avons finalement trouvé le balé de Dolit.

Le balé de Dolit

Havre de paix au milieu des rizières où vivent plusieurs familles, chacune organisée dans un espace, tables de peintures, végétation luxuriante et sourires à tous les étages. Méconnus des autres nationalités de touristes (Plus de 90% de leurs hôtes sont Français), on y croise quelques compatriotes et on y partage paisiblement le quotidien des familles. Quoi rêver de mieux pour véritablement entamer ma découverte de l’île des Dieux ?

Rizière Keliki Ubud 3Ici, pas de connexion internet, il faut aller au village, pas de réseau téléphonique non plus. J’irais régulièrement au village (il paraît qu’il y a deux warnet – contration de warung, genre de bistrot populaire, et d’internet) pour publier les articles sur mon blog, consulter les mails et y répondre, éventuellement envoyer le travail qui me reste à terminer et, le reste du temps, je vivrai au rythme de la gentille famille de Brahma qui m’accueille. Ceux qui connaissent un peu la religion Hindoue sauront qu’on ne pouvait pas mieux tomber pour entamer une véritable découverte de la culture traditionnelle. Brahma est l’énergie suprême, le créateur du monde, dans ce qu’en Inde on appelle la Trimurti. Je vis chez eux désormais. Ma chambre est charmante, mes hôtes remporteraient tous le Guiness des records du sourire s’ils concouraient. Le décors dans lequel j’ai prévu d’entamer la rédaction de mon deuxième roman, se compose d’une table (c’est mieux pour écrire !), des oiseaux, une fontaine où nage des poissions rouges, des palmiers et des fleurs. Sur les murs de ma chambre des peintures réalisées par la famille des peintres du Balé. Un petit paradis oublié au cœur de Bali. Quoi rêver de plus reposant, plus propice à l’écriture ? Il fait moins chaud qu’à Lembogan, et la forêt primaire qui entoure les demeures permet de conserver la fraîcheur. Seul le bruit de l’eau et les chants des oiseaux pour égayer l’environnement sonore. Quand je dis qu’il s’agit d’un petit paradis ?

Côté tarif, là aussi c’est le paradis (130 000 rupiahs la nuit, petit déjeuner inclus – 10euros). Tout est mis en œuvre pour favoriser la création, le bien-être… je vais peut-être rester là pour toujours…? Faut pas rêver! Ceux ou celles qui me feront poser mes valises ne sont pas nés! On vit avec ses hôtes, on mange et l’on passe des heures à discuter autour d’un thé.

Rizière Keliki Ubud 5Dans la journée, on peut prendre des cours de peinture, partir en excursion avec un guide, apprendre à préparer les offrandes (la religion et la pratique des rites occupent beaucoup de temps et près de 30% du budget mensuel d’une famille) ou s’initier aux plaisirs de la cuisine traditionnelle. Un classeur reprenant point par point l’organisation de la vie est mis à disposition des visiteurs.

Tout est expliqué avec la plus grande clarté, tout le monde se plie en quatre pour faire de votre séjour le plus doux possible, mais… je ne sais pas si je vais rester longtemps. Après un après-midi ici, je me demande si je vais vraiment pouvoir me concentrer de longues heures pour écrire. Ils ont tellement peur que je m’ennuie qu’ils sont très présents… Là, typiquement alors que je suis en train d’uploader article et photos j’ai deux charmantes jeunes filles qui m’observent et ne me quittent pas des yeux. J’ai eu beau  leur dire de retourner à la maison / au balé, il n’y a rien à faire, elle sont passionnées par ce que je fais sur cet écran et ne quittent pas d’une semelle.. Je suis un peu trop indépendante pour ça.

C’est adorable mais est-ce le meilleur endroit pour écrire ? Réponse dans les jours / heures à venir…

Rizière Keliki Ubud 4

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2 réflexions sur “Nusa Lembogan Island vers Keliki (le village des peintres) – Ubud – Bali

  1. Donc tu veux toujours mettre ton nom « d’écrivain-voyageur » à la suite de Jean Potocki, Robert Louis Stevenson, Stendhal, Germaine de Staël, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Arthur de Gobineau, Pierre Loti, Arthur Rimbaud, Alexandra David-Néel, Jack London, Victor Segalen, Ezra Pound, Blaise Cendrars, Henri Michaux, Henry Miller, Joseph Kessel, Ernest Hemingway, André Malraux, George Orwell, Elias Canetti, Claudio Magris, J. M. G. Le Clézio, Ella Maillart, Nicolas Bouvier, Jules Verne, Erik Orsenna, Jack Kerouac, William Burroughs, Edith Wharton, Emile de Wogan, Sylvain Tesson, Jean-Pierre Vuillomenet… etc. ?
    Bravo et bonne chance.
    Mais sais-tu que Jacques Lacarrière compare l’écrivain-voyageur à un « bernard-l’hermite planétaire », et le définit comme un « crustacé parlant dont l’esprit, dépourvu de carapace identitaire, se sent spontanément chez lui dans la culture des autres » ?… 😉

    http://fr.wikipedia.org/wiki/écrivain_voyageur

    1. Perdre sa carapace identitaire n’est-ce pas la meilleure façon d’ouvrir la porte à la tolérance?
      Si seulement l’avenir me permettait de voir un jour mon nom suivre sur la liste des merveilleux auteurs que tu cites là, mon cher Jacky… Car certains comptent parmi ceux que j’ai depuis longtemps confortablement installés dans mon Panthéon personnel 🙂 Comme le dit parfois un autre de mes amis… L’avenir tranchera! Mais merci 🙂

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