Premières rencontres à Nusa Lembogan

Soyons honnêtes, je ne suis pas à Bali. Enfin, pas tout à fait. D’ailleurs, tous ceux que je croise me regardent, d’un air dépité, penchant légèrement la tête sur le côté pour ajouter « va falloir que je retourne à Bali »…


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En vérité je me trouve sur une petite île, tout ce qu’il y a de plus charmant, à 30 min de speed Boat de la grande sœur Bali : Nusa Lembogan.

Minuscule île, que seuls quelques touristes parcourent. Un petit paradis où l’eau transparente sert de terrain de jeux aux surfers et autres amoureux de plongée. Un littoral protégé par une barrière de corail. A la tombée du jour, les enfants jouent dans l’eau, les habitants multiplient les offrandes sur le rivage : de petits paniers en feuilles de palmier dans lesquels ils disposent fleurs et encens. Dans les minuscules ruelles ou sur le chemin longeant la côte on respire ces parfums d’encens, d’iode et de fleurs. Quoi de plus charmant ?

Au début, pourtant, je me sentais étrange, comme n’arrivant pas à trouver ma place, ne reconnaissant aucune odeur et puis, peu à peu je sens que la magie fait son job.

Evidemment, les rencontres n’y sont pas étrangères. Au début je ne voyais que ces locaux prêts à me vendre quelque chose, une séance de plongée ou un bracelet et puis, j’ai laissé les sourires et les parfums me gagner et aujourd’hui je me sens en paix.

D’abord j’ai croisé un groupe de Brésiliens, toujours près à faire une blague, négocier un prix, draguer une jeune femme seule. Brésil quoi… rien de plus normal. Hier soir je me suis même retrouvée à jouer les interprètre du Portugais vers l’Anglais pour une Autrichienne… alors que j’étais en train de lire en Français. C’est là qu’on se rend compte combien la vie est différente de ce qu’elle était encore deux semaines plus tôt. Qui l’eut cru ? Moi interprète ?… why not ?…

Les tas d'algue sur le bord de mer de Nusa Lembogan

Et, ce matin, j’ai croisé dans ma nouvelle guest house un Australien. Thomas. Ingénieur du bâtiment à Melbourne, il m’a longuement expliqué qu’il cherche à supporter un projet sur l’île. Depuis 7 ans maintenant il fuit le froid hivernal du sud de son pays pour trouver le répit dans un coin du globe où il fait plus doux. D’abord au Nord de l’Australie et depuis 2 ans dans un petit coin d’une des deux îles qui composent l’archipel où je suis aujourd’hui. Il s’est d’abord intéressé aux projets de collecte et recyclage du plastique avant finalement de comprendre que si, les Balinais ont de tels projets, c’est que le vrai problème c’est l’eau. Sur l’île de Lembogan, on fait venir l’eau potable par bateau depuis Bali. Ca coûte une fortune pour les locaux, environ 2 dollars par semaine pour une famille de 4 ou 5 personnes. Pour nous, Européens évidemment cela semble bien peu mais quand le niveau de vie et les salaires sont à l’image des hôtels à 6 euros la nuit, on fait vite le ratio. Naturellement Thomas a continué ses recherches et s’est rendu compte que quelques projets intéressants existaient aussi de ce côté-là. Certains construisent des genres de piscines pour collecter les eaux de pluie qu’ensuite ils font bouillir. Mais là d’autres problèmes se posent. D’abord le bois ou le gaz nécessaires ont également un coût ou encore la qualité des matériaux utilisés qui peuvent générer des maladies à plus ou moins long terme. Si l’eau est collectée, par exemple, via les toits et que les tuiles ou la tôle n’ont pas été préalablement traités ou sont beaucoup trop anciens, de micro particules viennent attaquer l’organisme, doucement mais sûrement. Boire de l’eau contaminée crée des diarrhées en moins de 2 heures mais dans le cas de l’eau collectée par les toits non traités c’est parfois après dix ans que de bien plus graves maladies se révèlent.

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Alors, Thomas continue ses recherches, je suis certaine qu’il va trouver un joli projet à soutenir, accompagner et dans lequel s’impliquer. En me montrant les photos des différentes méthodes de collecte d’eau qu’il a pu observer, Thomas m’a également montré autre chose de tout à fait passionnant. Depuis une vingtaine d’années, les Occidentaux ont décidé de laisser de côté les gélifiants à base de graisse animale, pour quelque chose de plus naturel et sain pour la santé : l’algue. Un nouveau business pour les habitants de l’île. En 20 ans ils ont mis en place de véritables fermes marines où ils cultivent l’herbe marine, revendue ensuite à Java avant d’être transformée puis exportée. Je me demandais ce que c’était que ces tapis d’algues étendus sur la jetée où les Balinais disposaient des amas de trucs vert fluo gluants à faire sécher. La plante met 40 jours à grandir, est récoltée, séchée et envoyée.

Thomas est l’une des plus douces personnes que j’ai croisée. Physiquement il a un air de Maurice Leroy 🙂 rien du beau surfer brésilien… Mais il est passionnant, s’intéresse à tout et surtout aux autres. Ce midi nous avons été déjeuner, sur le chemin il s’est arrêté pour remettre un médicament à une vieille dame malade, puis une fois assis il a commandé des pastèques pour des petites filles qui devaient rester en plein soleil pour vendre leurs bracelets aux touristes… (C’est les vacances et on ne reste pas à rien faire à Bali quand on a 6 ans………. No comment.) Sans compter toutes les petites attentions qu’il a pour tout le monde en permanence. L’humanité est belle parfois.

Et puis en parlant de déjeuner il m’a fait découvrir une spécialité Chap Chai… Hum…!! Acommpagné de riz comme partout en Asie c’est un délice, les légumes sont frais et le bouillon pChap Chaiarfaitement épicé. Ni trop, genre à l’indienne ni fade…

J’ai dans l’idée que je vais découvrir tant de choses dans les semaines à venir… Magique !

Les rencontres font les voyages. On a toujours un petit pincement au cœur quand une personne rencontrée continue son chemin, ou que l’on prend une autre route vers d’autres aventures. Mais ça fait partie du jeu et chacun à sa manière nous donne quelque chose. Certains vous confieront que ce voyage a changé leur vie, qu’ils entament un nouveau chapitre de leur histoire qu’ils vont avancer sur ce chemin de vie, que les rencontres et les découvertes leur ont ouvert la voie vers d’autres possibles… Certains seulement, mais la plupart y croient. Moi, la première.

Peace from Bali,

Lucie

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