Money, That’s What I Want ?

Money India - 100 rupees - GandhiDes vacances pas chères. Certains ont fait des yeux ronds quand j’ai annoncé que je partais six semaines à l’autre bout du monde. Si le billet d’avion, le visa et les vaccins relatifs (je n’avais pas fait les rappels depuis plus de 10 ans) représentent en effet une certaine somme, pas loin de 700 euros le tout, la vie ici est plus que bon marché. La Guest House où nous dormons actuellement coûte 250 roupies pour deux, l’équivalent de 4,5 euros. Nous mangeons pour environ 500 roupies par jour, budget quotidien entre 10 et 20 euros. Pour être plus claire, nous n’avons pas dépensé chacune plus de 100 euros au cours de la première semaine, en comptant les billets de train, les visites, l’hôtel et les repas… C’est dire. En France, entre le carburant, les courses, le péage ou les tickets de transport en commun, ça nous aurait coûté plus cher. Le principal frein pour un voyage ne doit pas être l’argent, surtout quand on opte pour des destinations comme l’Inde – évidemment, le problème n’est plus le même quand on parle des USA ou de l’Australie.

Nous aurions pu, pour le prix d’une chambre dans une auberge de jeunesse en France, nous payer de belles et élégantes chambres dans des palaces types maharajas, mais on ne voyage pas pour ça. En tout cas pas moi.

Au même titre que j’ai aimé sentir mon cœur palpiter en montant dans le bicycle rickshaw, j’ai aimé l’agacement et la déception des fake qui nous ont désorienté, j’ai apprécier sentir dans ma chaire la douleur de la dignité perdue de ces si nombreuses personnes accroupies au bord du rail au petit matin, ou la marque indélébile de ces regards d’enfants à demi abandonnés, de ces corps vieillis, à la peau flétrie, mendiant quelques roupies ou un peu de pain.

Cuisine Temple View Guest House Orccha India

Voyager c’est faire preuve d’empathie et d’amour. C’est ouvrir son cœur et en vider toutes les peurs pour y laisser entrer la vie, à l’état brut. Voyager c’est épouser le quotidien de l’autre, sentir dans sa chaire la sensation d’une toilette au baquet, d’un thé dans une tasse pas toujours étincelante de propreté, passer par les cuisines où les becs de gaz en équilibre semblent sourire aux épluchures de pommes de terre oubliés au sol. Mettre ses sens en éveil, observer et ne pas juger. Ouvrir son âme et oublier ses habitudes, ses a priori, ses repères et longer à cœur perdu dans l’autre.

Aucun voyage de ce type ne laisse indemne. Il rend meilleur. Enfin, je crois.

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