New Delhi : Découverte de la Guest House.

Quand, enfin, le nom de la Guest House « New Amantran » s’est dessiné en lettres bleues sur fond blanc, je crois qu’on aurait pu lire sur nos visages un OUF géant de soulagement. D’abord car nos épaules n’en pouvaient plus mais surtout car nous n’arrivions pas à nous débarrasser de la présence incongrue de l’inconnu qui, peu à peu réussissait à faire naître le doute sur le chemin que nous avions emprunté. Le patron de la Guest, avec qui j’avais échangé au téléphone, nous ne l’avons jamais vu… Pourtant, et c’est l’essentiel, nous étions visiblement attendues puisque à notre apparition on me sourit « You are Lucie ! » double ouf. Il nous conduit à notre chambre… re re ouf. Alors là… Comment dire… une vraie chambre de backpacker. Cette room se révéla si éloignée de celles que mes clients me réservent quand je pars en reportage… que, franchement, je dois vous en parler (par contre je vous épargnerais les photos…) Sur le matelas, un drap et deux couvertures dont l’état de propreté ne laissait même plus à désirer tant ils n’avaient pas été lavés depuis… au moins des lustres. Les précédents occupants et leurs prédécesseurs avant eux, l’avaient quittée et, dès lors, rien ne s’était certainement passé. Une odeur persistante et inconnue, âpre et gênante s’immisçait en moi, me collant à la peau et aux cheveux. Autant vous dire qu’à Delhi, je n’ai pas beaucoup dormi… heureusement nous nous apprêtions à rejoindre bientôt Agra. Mais c’est déjà un autre chapitre de l’aventure, nous y reviendrons. Les toilettes, n’en parlons pas. Ou un peu quand même… En France, même les toilettes publiques d’une fin de féria auraient du mal à rivaliser. Non j’exagère… quoi que.. La douche ? Un simple robinet et un baquet où, seulement le deuxième jour, nous avons réussi à mettre un peu d’eau chaude. Douche froide pour commencer. Pas de triple ouf… Seul le sac à dos trouva le repos des braves, ce qui, au final, se révélait déjà pas mal. Et puis nous avions un toit, et de quoi nous laver, si sommaires ces installations fussent elles. Ca ramène à l’essentiel. Parfois, revenir aux basiques ça a du bon. Je crois que je ne verrais plus ma baignoire de la même manière en rentrant…

Première mission : s’alimenter, ensuite nous verrions. Encore mal remises de nos émotions, nous avons simplement traversé la rue. Un chaye au gingembre et deux pancakes au miel. Un truc étrange flottait dans le verre. Une grimace suivit immédiatement d’un sourire. De fines lamelles de gingembre, fraichement coupées et bouillies. Welcome India. Le chaye, les chapati, le dal et les paratha ce sont un peu mes madeleines de Proust. Je suis sûre que ma mère a dû en mettre dans mon biberon. En une seconde, c’était décidé j’en boirais jusqu’à plus soif dans les semaines à venir. Aujourd’hui encore, après presque une semaine en Inde, les serveurs et autres garçons des guests et restaurants sourient lorsque je commande le quatrième de l’heure. Qu’importe, c’est trop bon ! A votre santé m’sieurs dames. Et, devinez, je n’ai même pas touché, depuis le décollage de Roissy, une seule goutte de café.

Billet de train Delhi

Les deux jours que nous avons passés à Delhi nous ont permis de faire la rencontre de nombreux travelers, Espagnols, Français, Anglais,… beaucoup d’Européens en voyage business, import export de camelote, de babas post années 60 en quête de sens, de yogites en culottes courtes… Bande d’heureux curieux d’un pays-continent aux mille facettes, aux mille surprises se croisent et échangent en toute simplicité aux terrasses improvisées des petits chaye bar en bordure de rue au rythme des klaxons. Ca ne s’arrête jamais, les vélos, les rickshaws, les tuktuks, les passants, les charrettes à bras, les voitures… tout le monde conduit au klaxon, et ça semble efficace dans la lutte aux accidents car malgré le bordel manifeste, nous n’avons vu qu’un seul vélo se renverser. Et encore, rien de grave, à peine un rayon à remettre en place.

Nous n’aurons pas vu grand chose de Delhi, trop occupées avec nos missions et l’organisation de la suite du voyage. L’avantage c’est qu’aujourd’hui nous avons le sentiment d’avoir relativement apprivoisé la ville et ses habitants. Nous savons nous débrouiller en métro, connaissons les tarifs pratiqués par le rickshaw (pour éviter de vous faire avoir, préférez les prepaid taxis), nous savons où et comment envoyer un colis, de quelle manière acheter un billet de train, où manger et où poser nos sacs à dos, à défaut de dormir profondément et nous savons ne plus nous faire embarquer dans de sombres magouilles… Enfin, jusqu’à la prochaine fois.

METRO DELHI

Tout ce que je peux encore vous dire sur la capitale indienne, c’est qu’il est nécessaire de rester concentré et de ne pas laisser son attention se détourner de son objectif, surtout quand il s’agit de structures dédiées au tourisme. Ne vous laissez pas avoir par les innombrables « fakes », les offices du tourisme vendant des billets de train pour le reste de l’Inde pullulent, les agents de l’Etat ont tous des cartes officielles plus ou moins plastifiées, tous crèvent de bonnes intentions, espérant que vous alignerez vos liasses de roupies. Be careful, soyez vigilants, lisez vos guides et prenez les conseils des copains qui en reviennent ou des travelers que vous croiserez et souriez. Car au fond, malgré les aventures qui tatouent votre séjour d’amertume passagère, elles font le charme de l’aventure, le charme de l’Inde. « Welcome India », un chaye à la main, of course.

Nous demain, on part à Agra sur la piste du Taj Mahal.

 

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Une réflexion sur “New Delhi : Découverte de la Guest House.

  1. Quelle aventure !… gaffe aux voleurs à la tire et aux escrocs.
    Je ne savais pas que tu partais pour l’Inde, je croyais que tu allais au Brésil.
    J’ai un très bon ami, orléanais et importateur de thé depuis 25 ans, qui se trouve en Inde en ce moment, probablement dans le nord dans la région de Darjeeling. En cas d’urgence, si tu te trouvais dans la m…. fais-moi signe, je te passerais son portable. Mais je suis sûr que tout ira bien. Dans ce cas je te le présenterai au retour.

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