Chronique viennoise

Novembre 2011, premier passage en terre autrichienne, bienvenue en Europe centrale.

L’Autriche est située en plein coeur de l’Europe (adhésion à l’Union Européenne en 1995). Anciennement capitale de l’Empire austro-hongrois, la langue officielle est restée l’allemand. En vraie latine, j’ai l’impression de me retrouver au pays des consonnes!

Le magnifique Bèlvédere de la ville de Vienne en Autriche

Impossible de comprendre quoi que ce soit, tout y est profondément différent. Pour la première fois, je ne peux jongler avec les langues latines pour comprendre. Seul l’anglais demeure ma planche de salut communicationnelle.
Dans ces moments-là, on se souvient qu’on a bien fait de pas trop mal travailler à l’école et que tous ces films vus en VO servent à quelque chose.. Et on repense à tous ces événements de promotion de la francophonie.. On se dit que c’est bien de promouvoir le français comme langue de culture mais qu’enseigner de manière plus efficace l’anglais ne serait pas mal venu. Dans un monde globalisé, l’anglais s’impose comme l’esperanto mondial. Tout congrès multiculturel et international adopte, sans exception, l’anglais comme vecteur de communication universel. Se battre pour maintenir la pluriculturalité est essentiel, permettre à tous de communiquer et d’échanger est fondamental. On peut se battre pour promouvoir le français, on doit se battre pour mieux enseigner l’anglais. C’est une question majeure, déterminante, si l’on souhaite soutenir la compétitivité de la France.
Outre la langue, les Autrichiens restent bien différents des latins, qu’ils soient latino-américains, ibériques, italiens, roumains ou français. Ils attendent patiemment et sagement que le petit bonhomme passe au vert pour traverser, et ce, uniquement sur les clous, of course! Ils trient consciemment leurs déchets – même dans le métro! Ils parlent, ne crient pas, pas de scandales au milieu de la rue, tout est joli, gentil, propre. C’est agréable de déambuler au milieu de citoyens respectueux de leurs congénères. Sur le long terme cela doit finir par être ennuyeux, surtout pour une vraie latine, mais de manière ponctuelle c’est plutôt amusant. Surtout quand, en bonne parisienne, je traverse la rue n’importe comment..

La grande passion des viennois, ce sont leurs cafés. Il y en a pour tous les goûts : fashion, lounge, moderne, pour les uns, roccoco, baroque, empire pour les autres. Paris est célèbre pour ses bistrots et comptoirs en zinc, Vienne compte au moins autant de cafés où l’on vient échanger, flirter, négocier ou déguster une excellente pâtisserie. Et si vous entrez en demandant simplement « just a coffee please » on vous regarde avec de grands yeux ronds « yes, but which one? » Capuccino, macchiato…. La liste est longue!
Si vous découvrez Vienne en Automne ou en hiver, munissez vous de vos écharpes, bottes, cache-oreilles et autres bonnets. Ici le froid est sec et la nuit tombe tôt. Dès 17h, en quelques minutes, le jour disparait et le froid reprend ses droits. Une preuve du froid glacial ? Ce matin, j’observe les personnes qui s’apprêtent à traverser la rue avec moi, sur cinq personnes quatre portent un bonnet et nous ne sommes que mi-novembre! Pour une latine, c’est dur! Il fait tellement froid, on comprend qu’ils se réfugient dans les cafés. Et pourtant, la capitale autrichienne compte de très nombreux jardins, où, quand le temps est au beau fixe, les familles, les amoureux transis ou les personnes âgées viennent profiter des rayons du soleil.

D’un point de vue architectural, s’il n’y avait pas toutes ces voitures et autres tramways modernes on pourrait facilement imaginer que l’on est resté bloqué en plein 19° siècle. Contrairement à Paris, où l’architecture moyennâgeuse se mêle aux constructions haussmanniennes, ou aux tours de verre, ici, il semble que l’on ait seulement commencé à construire pendant l’empire. Quelques buildings modernes donnent la réplique aux immeubles de style empire, seule concession architecturale à la modernité.
Vienne demeure une ville de goût et de culture. L’Opéra garde une place centrale au coeur de la vie viennoise, les musées accueillent de nombreuses expositions permanentes ou itinérantes : Klimt, Monet, Matisse… Vienne reste une destination de choix pour les amoureux de la culture, à condition de maîtriser la langue de Goethe, surtout si l’on souhaite aller au théâtre!
Côté finances, l’Autriche fait partie de la zone euro, et bien que l’on se soit très proche de la Roumanie, ne comptez pas vraiment faire des affaires ici. La vie reste relativement chère, très proche du coût de la vie parisienne.
Enfin, les Viennois font preuve d’une gentillesse rare, toujours prêts à aider un voyageur perdu. Grand sourire et anglais parfait, avec un peu de bagou et de débrouillardise on est sûr de retrouver son chemin. Et puis n’hésitez pas à faire un tour de la ville en calèche, c’est un peu LE truc à faire.. So romantic 😉
Pour résumer : à Vienne, on boit du café avec un bonnet, on déambule en triant ses déchets et on se rue profiter des quelques rayons de soleil dans les jardins dès qu’il y en a avant d’aller écouter une « Valse de Vienne, de Vienne, de Vienne… »
Bonne route!

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2 réflexions sur “Chronique viennoise

  1. Greg

    Sympa ta petite Viennoiserie 🙂
    Je voulais juste rebondir sur les problèmes linguistique que tu évoques au début de ton article.

    Je suis également profondément agacé de notre image de bon franco-français, habitant à l’étranger je me suis rendu compte à quel point nous somme des boulets à ce niveau… même si les choses évoluent, notre système éducatif (et pas seulement, j’y reviens après) est vraiment très mal structuré au niveau de l’apprentissage des langues étrangère, alors que c’est désormais plus qu’un « must have » pour exister à l’ère de la mondialisation. Je dis que cela évolue car les têtes blondes commencent une seconde langue plus tôt.

    …et pas seulement car c’est bien beau de voir le français comme une langue vivante forte, de l’amour qui sonne bien et tous les superbes qualificatifs qui font notre grande fierté hors de nos frontières… mais il faut arrêtez de doubler les films, les séries et toutes les interviews réalisées en langue étrangère cela contribue juste à nous pourrir l’oreille et asseoir notre réputation de piètres communicants … GARDONS LES VOs !! première question posée par un français arrivant dans un pays étranger : « do you speak french ?  » 😦 triste

    Rien d’irrémédiable mais pour ma part je le prendrai en compte pour les descendances !!!

    1. Je dois quand même préciser que lors du congrès tous les intervenants parlaient anglais sur scène, sauf le vice-président de Banco do Brasil. La honte 😉 Le problème n’est donc pas franco-français mais individuel. A chacun de savoir s’il veut communiquer avec le reste du monde ou pas. Tout comme à chacun de savoir quel monde veut-il laisser aux futures générations…

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